Informaticien : profession boudeur ?


je boudeTitre provocateur mais réalité… Travailler au sein d’une DSI vous expose à devoir manger votre casquette plusieurs fois par semaine. Que ce soient les top managers de la DSI ou pas, combien de fois se retrouve-t-on dans une situation de perplexité en soulevant le tapis de « l’innovation par l’utilisateur » (ou « user driven innovation » quand on veut nous expliquer que c’est pour le bien de la société). Alors oui, les informaticiens « boudent », pour rester poli.

Tirons la ficelle pour en voir les raisons.

Un vol de prérogative ?

A première vue quand vous faites le travail de quelqu’un à sa place, on peut comprendre que cela énerve. Quand en plus l’organisation cautionne cet agissement, cela vexe. Transposé à la DSI, imaginez une direction métier qui choisie ses solutions, et les installe, sans recourir à la DSI (Shadow IT), et que finalement la solution étant viable, fonctionnelle et généralement assez orientée business process, la DSI se voit imposer le maintien de cette solution, là ça frise la dé crédibilisation. Et c’est ce qui se passe tous les jours dans bon nombre de sociétés.

Je reprends l’exemple de ce DSI, qui s’est farouchement opposé à l’adoption de solutions Cloud pour une solution de gestion de la relation client. En somme il déclarait qu’il faudrait lui « passer sur le corps » plutôt que d’adopter cette solution. Quelques mois plus tard, il est toujours en poste, s’est vu imposer le point de vue métier et a dû faire des concessions. Passer cet exemple j’imagine combien doit être difficile la vie de ce DSI désormais. Quel crédit les métiers lui accorde-t-il ? La situation n’est pas évidente.

Comme malheureusement il est écrit partout que la DSI est un centre de cout, ou que la DSI doit s’organiser pour ne plus être considérée comme un centre de cout (ce qui revient au même), les directions métiers n’accordent que peu de crédit  aux états d’âmes de la DSI. Comme le dit l’adage « le business avant tout », on peut en conclure que « le reste après le business ». Comment dans ces conditions ne pas être dépité quand on gère une DSI et que l’on vous somme, ou dans le meilleur des cas que l’on vous propose, de vous adapter aux besoins de vos « clients » ?

Anticipation svp…

L’une des frustrations rencontrées est aussi l’anticipation des directions métiers. Même si dans leur grande majorité, elles anticipent les besoins, il subsiste tout de même pas mal d’exemple où elles ne le font pas. Peu importe pourquoi, mais cela vient rajouter au sein des équipes IT une incompréhension voire une certaine forme d’agacement.

Que ce soit dans des besoins projets, ou dans l’exploitation courante, les directions métiers sont souvent enclines à penser que l’informatique n’est somme toute qu’une simple mise à disposition de PC, de branchement de câbles ou de programmation simpliste. Dans ces conditions, l’anticipation n’est pas de mise, d’autant plus que ce monde IT est parfois à mille lieux des préoccupations des métiers, concentrées sur leur coeur d’activité.

Le bout de la chaine

Il faut aussi se rendre à l’évidence qu’en apportant son soutien aux opérations, la DSI se trouve en bout de chaine du service rendu au client final. C’est ce que l’on appelle une fonction support… finalement il n’y a presque personne qui se trouve être redevable à la DSI, hormis peut-être les services généraux. Dans ces conditions le sentiment de frustration peut vite se manifester, d’autant plus que même au sein de la DSI certain de ses services la composant se trouvent être aussi eux-mêmes des services de back-office de la DSI. Pas étonnant dans ces conditions que sans un certain recul, les mines se renfrognent et les bonnes volontés disparaissent.


Comment positiver

La solution pour les DSI tient majoritairement en un point, afin de ne plus paraitre comme étant l’empêcheur de tourner en rond, qui se retranche derrière des manques de moyen, et se renfrogne à la moindre contrariété  Il faut appliquer de bonnes vieilles méthodes psychologiques : faire travailler les équipes IT sur le positivisme. Plutôt que de montrer son mécontentement face à une situation, il faut expliquer avec enthousiasme que c’est faisable, mais déplacer l’arbitrage entre le demandeur et votre contrainte. Exemple : le métier vous prévient au dernier moment pour débloquer une ressource déjà staffée ? Répondez que vous êtes OK, mais que le demandeur doit s’arranger avec Pierre, autre « client de la DSI » pour qui votre ressource travaille actuellement.

Il existe surement d’autres leviers. L’important est juste de montrer par cet exemple , qu’il faut parfois ne pas prendre les choses de façon frontale, ce qui vient ajouter du dépit et positionne la DSI dans un état d’esprit bougon, mais bien de faire comprendre aux interlocuteurs que votre impossibilité de fournir un service n’est que la résultante de l’irationalité de la demande.

In fine…

Pas de bla bla. La DSI est un support au business, qui traite des demandes. Il y aura toujours des choses qui peuvent provoquer une réaction épidermique chez les collaborateurs de la DSI. Mais communiquer sur les processus IT pour faire comprendre les problématiques business permet déjà de diminuer les demandes ubuesques. Migrer vers un positivisme et expliquer la nécessité d’anticiper se révèlera un jour payant.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s