Les applications clandestines (2/3)


Capture d’écran 2012-12-12 à 23.57.52Deuxième article d’une série de trois
pour 01Business&Technologies
n°2155 – 20 décembre 2012

Volet  2 :
Shadow IT et nouveaux usages

Dans les dix dernières années qui viennent de s’écouler, les technologies disponibles pour l’utilisation des systèmes d’information en entreprise et chez les particuliers ont considérablement changé de visage. Cloud, BYoD, effet de consumérisation ne font que mettre dans l’embarras les DSI qui n’ont pas su anticiper ces nouveaux phénomènes. Les technologies deviennent de plus en plus simples, y compris pour les directions métiers qui, il y a quelques années, n’auraient jamais eu les compétences pour mettre en place de telles solutions. Aujourd’hui, ouvrir un réseau social d’entreprise, constituer une base de données clients sont des choses à la portée de toutes les directions de l’entreprise. Autant de solutions qui favorisent l’autonomie des utilisateurs et donc les manifestations du Shadow IT.

Consumérisation
Prenons-les individuellement. Tout d’abord, le phénomène de consumérisation recouvre la tendance croissante des technologies à émerger d’abord dans le marché du particulier pour être ensuite adoptées en entreprise.  Vue de l’utilisateur cette progression technologique est une opportunité. Côté DSI c’est une problématique. L’exemple le plus fréquent de l’embarras qu’un DSI peut rencontrer, est le débit des accès internet. Comment expliquer à un utilisateur que l’accès internet à très haut débit qu’il possède à titre individuel, est parfois au delà de l’accès internet de l’entreprise dans laquelle il travaille ? C’est une première pierre jetée dans le jardin du DSI.

ByOD
Pour appuyer cet exemple, prenons le concept du BYoD (bring your own device), où l’employé possède un terminal à titre personnel et l’utilise de façon professionnelle en le connectant au système d’information de l’entreprise. De nouveau, un impact sur les DSI, car cela pose des problématiques de pilotage des terminaux, d’ouverture du système d’information, et plus généralement de sécurité.

Dans un cas comme dans l’autre ce ne sont pas des manifestations directes du Shadow IT mais des situations qui mettent l’utilisateur dans une position de demandeur de technologies non prises en charges par une DSI conventionnelle : « Je souhaite avoir plus de débit », « je veux utiliser mon iPhone personnel ». D’un point de vue sociologique, il y a quelque chose d’intéressant : jusqu’à présent, c’est presque toujours la DSI qui avait le leadership des technologies informatiques dans l’entreprise. C’est dans son ADN d’effectuer de la veille et de voir l’application que l’on peut en faire pour servir au mieux la stratégie de l’entreprise. Or, dans ces cas, c’est l’utilisateur qui effectue cette veille, court-circuitant cette fonction usuellement dans le giron de la DSI, anticipant ainsi les tendances.

Cloud
Le concept du cloud a, quant à lui, définitivement ouvert les portes du shadow IT. Les éditeurs ont fait des efforts de simplification des solutions pour qu’elles puissent être conformes aux besoins d’un maximum d’utilisateurs. Souvent, les solutions en cloud sont mono fonctionnalité, simples, intuitives, utilisables sans apprentissage (exemple : Dropbox, Gmail, Doodle). Plus simple que d’installer un programme sur son poste, l’utilisateur, à travers un simple navigateur, s’ouvre les portes sur des milliers de solutions sur lesquelles la DSI n’a que la possibilité immédiate de bloquer l’accès, avec tous les impacts négatifs que cela engendre. En cas de blocage, le réflexe instinctif, naturel à chacun, est « comment je contourne» et l’on se retrouve dans une situation manifeste de Shadow IT : l’utilisateur installe/utilise une solution non validée par l’organisation.

Où va le sens de l’histoire ?
Nous sommes de plus en plus dans des situations de collaborations. Le succès des portails collaboratifs, des réseaux sociaux d’entreprises, et leur pendant à titre individuel (Facebook, Linkedin), le fait qu’aujourd’hui les digital natives, ces fameux Génération Y, représentent un pourcentage très important dans les entreprises et la mobilité d’une manière générale, font que nos barrières personnelles et professionnelles tombent. Le pro et le perso se mélangent, pour ne former qu’un. Il serait illusoire pour les DSI de ne pas prendre ce phénomène sociétal en compte et maintenir une offre de service qui ne soit que professionnelle.

(Suite semaine prochaine : shadow IT et le rôle des DSI)

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